Ma position sur les parrainages pour l’élection présidentielle.

Publié le 23 Fév, 2022

Bonjour chères pescusiennes et chers pescusiens,

Je vous écris aujourd’hui au sujet des parrainages pour l’élection présidentielle. 

En effet, le risque est réel que certains candidats, représentant chacun plusieurs millions d’intentions de vote, ne recueillent pourtant pas le nombre de signatures nécessaires pour être admis à la candidature. Une telle crise serait très grave et menacerait la légitimité de l’élection présidentielle dans l’esprit de beaucoup de nos concitoyens.

La cause de cette situation, nous la connaissons : nombre d’élus redoutent que leur signature éventuelle soit interprétée comme un engagement en faveur des candidats en question depuis que François Hollande a rendu visible de tous les parrainages.

Il faut remercier celui-ci d’avoir jeté en pâture les élus qui parrainaient anonymement avant. Vous vous voyez voter sans passer dans l’isoloir en montrant votre bulletin à tout le monde dans un environnement hostile ? Les maires non plus. Crise démocratique forte.

Notre conseil municipal est apolitique et nous travaillons tous ensemble pour le bien commun et l’intérêt général de notre commune, pour ma part et je ne m’en cache pas même si cela n’est pas un critère au sein de notre conseil municipal, j’ai soutenu Valérie Pécresse publiquement via une tribune ouverte dans le Figaro pour les régionales car je la pense compétente et engagée dans cette mission auprès des communes de l’IDF, j’ai aussi soutenu François Durouvray pour la présidence du département, nous faisons partie de la même famille politique de centre droite même si je ne suis encarté à aucun parti, mais je pense que le clivage gauche droite ne veut plus dire grand-chose aujourd’hui.

Notre conseil municipal a approuvé la démarche que j’ai envers vous aujourd’hui.

Je ne soutiens et ne vote ni pour Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Eric Zemmour, mais je trouverais anormal, et même totalement antidémocratique, qu’ils ne puissent pas se présenter en représentant près de 40 % des électeurs si l’on se fie aux sondages. Imaginez que nous fassions table rase du vote de plus de 20 millions de nos concitoyens, est ce pensable ? Non, tant en termes de démocratie que par les troubles que cela pourrait engendrer qui nous ferait passer les gilets jaunes de 2019 pour un long fleuve tranquille.

Je pense qu’il est nécessaire, sinon indispensable que les maires se déclarent prêts à apporter leur parrainage aux candidats menacés d’exclusion, en tant que garants impartiaux, tout en affirmant ensemble et solennellement qu’une telle signature ne signifie pas soutien.

Dans un premier temps je participe à un pot commun de parrainage organisé avec François Bayrou https://www.notredemocratie.fr/. Ce pot commun vise à anonymiser les parrainages, en participant à celui-ci, les maires ne sachant pas à qui celui-ci sera attribué, preuve s’il en était que parrainage ne vaut pas soutien.

Dans un deuxième temps, si l’initiative porté par le collectif d’élus avec François Bayrou ne donnait rien, je propose de donner mon parrainage dès lundi 28 février à celle ou celui qui aura le moins de parrainages. Si les 500 parrainages sont acquis je n’aurais pas à utiliser ce droit démocratique de parrainage.

Sentez-vous libre d’argumenter ma proposition, de ne pas être d’accord, de valider ou pas, écrivez-moi, parlons en ensemble.

David Lisnard, maire LR de Cannes, président de l‘AMF a montré la voie il y a quelques jours en parrainant Jean Luc Mélenchon, et nous pouvons le croire en toute impartialité.

Je crois que tout le monde perçoit le danger qu’il y aurait à ce que 40 % de nos concitoyens ne puissent voter pour le ou la candidate de leur choix.

Nous sommes peu nombreux à avoir ce discours sur les parrainages, quelque 250 élus sur plus sur 42000 sur https://www.notredemocratie.fr/ mais je ressentirais une telle honte de ne pas être moi-même et de refuser mon parrainage dans ce régime inique des parrainages qui permet de rester dans cet entre-soi du politiquement correct en éliminant toute opposition qui nous gêne. 

Le choix n’est pas cornélien comme certains voudraient vous le faire croire, il est voltairien comme tout ce qui me guide dans mes choix. Voltaire : Questions sur l’Encyclopédie, par des amateurs 18ème siècle « J’aimais l’auteur du livre de l’Esprit (Helvétius). Cet homme valait mieux que tous ses ennemis ensemble ; mais je n’ai jamais approuvé ni les erreurs de son livre, ni les vérités triviales qu’il débite avec emphase. J’ai pris son parti hautement, quand des hommes absurdes l’ont condamné pour ces vérités mêmes. » 

Être un élu c’est assumer ses choix avec panache, redonner ses lettres de noblesse à la politique, arrêter d’avoir peur de tout et de n’importe quoi. Notre pays a plus que souffert depuis des années, gilets jaunes, crise sanitaire, voulons-nous en rajouter encore ? « Alea jacta est » disait César devant Rome en franchissant le Rubicon armé, modestement je pense qu’il n’est plus possible de reculer, sans engager le pays dans une pente dangereuse et inconnue, et qu’il est nécessaire, primordial, de permettre à des candidats dont je ne partage pas les opinions, mais dont je comprends les électeurs qui vont voter pour eux, de leur donner la possibilité de concourir à la fonction suprême.

Ce message est un peu solennel, mais la situation l’exige.

Bien à vous, 

 

Jean-Marc DELAÎTRE
MAIRE
place de la Mairie
91470 PECQUEUSE
Tel. : +33 (0)6 4056-8775
Fixe : +33 (0)1 6491-0139
www.mairie-pecqueuse.fr

Aller au contenu principal